Les États-Unis évoquent des sanctions contre l’Algérie après l’achat de chasseurs russes

À Washington, un haut responsable du département d’État a évoqué la possibilité de sanctions visant l’Algérie, après des achats d’avions de combat russes. La référence renvoie à la loi américaine CAATSA, utilisée pour dissuader les acquisitions d’armement auprès de Moscou. À ce stade, aucune décision de sanction n’a été annoncée.
Les États-Unis pourraient sanctionner l’Algérie en lien avec l’achat de chasseurs russes. L’information est rapportée mercredi 4 février 2026 par l’agence russe TASS, qui cite Robert Palladino, un responsable du Bureau des affaires du Proche-Orient au département d’État, auditionné la veille au Sénat.
Une menace évoquée, pas une décision annoncée
Dans sa dépêche, TASS écrit que l’administration américaine « peut imposer des sanctions » à l’Algérie en raison de « l’achat de chasseurs russes », et attribue cette déclaration à Robert Palladino.
Point de méthode : la page officielle de la commission des Affaires étrangères du Sénat confirme bien l’audition du 3 février 2026, mais la formulation exacte citée par TASS n’est pas, à ce stade, facilement vérifiable via une transcription publique complète.
CAATSA, le cadre américain brandi contre les achats d’armes russes
Le débat renvoie à CAATSA, une loi américaine adoptée en 2017, souvent mobilisée comme levier de pression contre des pays qui concluent des contrats d’armement « significatifs » avec la Russie.
Dans les faits, la logique est simple : plus un pays achète des systèmes majeurs à Moscou, plus il s’expose à un bras de fer politique avec Washington — parfois sans aller jusqu’à des sanctions effectives, mais avec un coût diplomatique.
Le dossier Su-57E : beaucoup d’indices, peu de détails vérifiables
Le Matin d’Algérie rappelle que l’Algérie aurait « confirmé » en février 2025 l’acquisition de Su-57E, version export du chasseur russe Su-57.
Côté russe, TASS avait déjà affirmé en 2025 que le « premier client étranger » du Su-57E commencerait à exploiter l’appareil en 2025, sans nommer officiellement le pays.
Sur le nombre d’avions, le calendrier de livraisons et les configurations, les informations circulent surtout via des médias spécialisés : elles existent, mais restent difficiles à confirmer de manière indépendante, faute de communication détaillée et vérifiable des autorités concernées.
Un avertissement américain, un test d’équilibre pour Alger
Pour Washington, rappeler CAATSA sert d’abord à freiner les ventes russes et à signaler que la normalisation des achats d’armement auprès de Moscou a un prix politique.
Pour Alger, l’équation est plus structurelle : l’armée algérienne est historiquement équipée de matériel russe, et tout rééquilibrage prend des années. La séquence actuelle sonne donc comme un rappel à l’ordre — davantage qu’un acte de sanction déjà enclenché.






