Ségolène Royal autorisée à visiter en prison le journaliste français Christophe Gleizes en Algérie

En déplacement à Alger, Ségolène Royal affirme avoir obtenu l’accord du ministre algérien de la Justice pour rendre visite, vendredi 30 janvier, au journaliste français Christophe Gleizes, détenu à Tizi Ouzou. Ce collaborateur de So Foot et Society purge une peine de sept ans, confirmée en appel en décembre 2025, dans une affaire devenue un dossier sensible entre Paris et Alger.
L’ancienne ministre française Ségolène Royal, aujourd’hui présidente de l’Association France-Algérie, dit avoir été autorisée par le garde des Sceaux algérien, Lotfi Boudjemaa, à visiter en prison le journaliste français Christophe Gleizes. « Je lui ai demandé l’autorisation d’aller visiter Christophe Gleizes en prison (…) et le ministre m’a donné son accord », a-t-elle déclaré à l’issue d’un entretien au ministère, selon des médias algériens.
Un journaliste détenu à Tizi Ouzou, une peine confirmée
Christophe Gleizes, journaliste indépendant spécialiste du football, est incarcéré à la prison de Tizi Ouzou depuis l’été 2025, après une condamnation à sept ans de prison ferme prononcée fin juin 2025, puis confirmée en appel le 3 décembre 2025.
Selon la justice algérienne et des médias publics, il a été poursuivi notamment pour « apologie/éloge du terrorisme » et pour des éléments présentés comme relevant de la propagande ou d’atteintes à l’intérêt national.
Ce que les autorités algériennes reprochent au journaliste
D’après El Khabar, Christophe Gleizes a été arrêté après être entré en Algérie avec un visa touristique, et les autorités lui reprochent d’avoir eu des contacts avec des membres ou proches du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), organisation classée « terroriste » par Alger.
Ces éléments restent difficiles à apprécier de manière indépendante : les pièces exactes du dossier et leur interprétation judiciaire n’ont pas été rendues publiques dans le détail.
RSF et soutiens en France dénoncent une “criminalisation” du travail journalistique
Reporters sans frontières conteste la lecture des faits et juge la condamnation injustifiée, affirmant que le journaliste a été sanctionné pour avoir exercé son métier. L’ONG rappelle la chronologie : arrestation en mai 2024 à Tizi Ouzou alors qu’il travaillait sur un reportage lié à la JS Kabylie, contrôle judiciaire, puis mandat de dépôt et incarcération après la condamnation de juin 2025, avant la confirmation en appel en décembre 2025.
Une visite au cœur d’une séquence diplomatique très politique
La visite annoncée de Ségolène Royal intervient alors qu’elle effectue un déplacement à Alger du 26 au 30 janvier, avec une dimension assumée de “diplomatie parallèle”. Elle a été reçue mardi 27 janvier par le président Abdelmadjid Tebboune, selon l’agence officielle APS.
Dans ce contexte, le cas Gleizes est devenu un symbole : celui des tensions récurrentes autour des libertés, de la Kabylie — région où les questions identitaires amazighes et séparatistes sont particulièrement sensibles — et, plus largement, du niveau de confiance entre Paris et Alger.
Et maintenant ?
À ce stade, la visite de Ségolène Royal, si elle se déroule comme annoncé le 30 janvier, serait surtout un geste politique et humanitaire. Sur le plan judiciaire, après la confirmation en appel, les soutiens du journaliste évoquent surtout la piste d’une grâce présidentielle comme issue possible.







