Indépendance de la Kabylie : Ferhat Mehenni annonce avoir sollicité le Board of Peace

Ferhat Mehenni, président du Gouvernement kabyle en exil (Anavad) indique avoir transmis une requête au Board of Peace, structure lancée à l’initiative du président américain Donald Trump. Objectif affiché : solliciter des “bons offices” et une médiation autour de l’autodétermination de la Kabylie, comprendre l'indépendance de la Kabylie. À ce stade, aucune confirmation indépendante de cette saisine ni réaction publique du Board n’a été retrouvée.
Selon des publications relayant un texte de l’agence SIWEL, agence de presse affiliée au mouvement indépendantiste Kabyle, l’Anavad dit avoir adressé une demande écrite au Board of Peace et l’invite à faciliter un processus “constructif” et “non violent” de dialogue.
Ce que le Gouvernement kabyle en exil (Anavad) dit avoir demandé
Dans les éléments disponibles, l’Anavad présente sa démarche comme une saisine inédite d’un mécanisme international récent, au nom d’un “peuple” demandant médiation et résolution.
Les formulations relayées évoquent explicitement le recours aux “bons offices” — un terme diplomatique qui renvoie, en général, à une facilitation de contacts plutôt qu’à un arbitrage contraignant.
Cependant, le document complet transmis, ses annexes, la date d’envoi, et toute réponse officielle du Board, n'ont pas été communiqué. Les informations disponibles proviennent essentiellement de relais militants et d’extraits, sans recoupement par une source indépendante.
Le Board of Peace : Un organe tout neuf, encore flou sur son périmètre
Le Board of Peace est une initiative portée par l’administration Trump, présentée comme un nouvel organisme international. La Maison Blanche a communiqué sur son rôle dans la mise en œuvre du plan américain pour Gaza et publié la composition de son “Executive Board” (dont Marco Rubio, Jared Kushner, Tony Blair, Steve Witkoff ou Ajay Banga).
Des médias internationaux et des documents publiés (charte) décrivent un format où l’adhésion est réservée aux États invités, avec une architecture très centralisée.
Signe que la structure reste politiquement sensible : des alliés traditionnels de Washington ont fait savoir qu’ils n’y participeraient pas “en l’état”, comme la Nouvelle-Zélande, qui demande des clarifications sur le mandat et sa compatibilité avec la Charte de l’ONU.
Pourquoi la question kabyle revient sur le terrain international
La Kabylie, région du nord de l’Algérie, est le cœur d’un courant politique qui revendique, selon ses composantes, autonomie, puis autodétermination. Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) — dont l’Anavad est l’émanation gouvernementale autoproclamée en exil — a organisé en décembre 2025, à Paris, une proclamation symbolique d’indépendance, sans reconnaissance internationale.
Pour les promoteurs de cette ligne, l’enjeu est clair : déplacer le dossier du rapport de force interne algérien vers des enceintes ou des médiations extérieures, en s’appuyant sur le vocabulaire du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Entre revendication politique et accusations de terrorisme : un terrain miné
Côté algérien, le MAK est classé “organisation terroriste” depuis 2021. Des ONG de défense des droits humains contestent, plus largement, l’usage extensif d’accusations de terrorisme dans la répression de militants et journalistes en Algérie, dans un contexte de durcissement juridique et politique.
Cette dualité pèse sur toute tentative de “médiation” : pour Alger, le sujet relève de la souveraineté et de l’intégrité territoriale ; pour les indépendantistes, il s’agit d’un litige politique à internationaliser.








