Ses origines marocaines en cause : Alger tire à boulets rouges sur Rachida Dati (Vidéo)

Dans un sujet diffusé par la télévision publique algérienne, Rachida Dati est accusée d’avoir piloté une « campagne médiatique » hostile à l’Algérie via l’audiovisuel public français, au service du Maroc et de l’extrême droite. Cette charge intervient quelques jours après la diffusion, sur France 2, d’un numéro de Complément d’enquête consacré à « la guerre secrète France-Algérie », jugé « offensant » par Alger, qui a convoqué le chargé d’affaires français.
D’un côté, un magazine d’investigation français qui ravive une crise bilatérale déjà explosive depuis 2024. De l’autre, une riposte algérienne qui personnalise la polémique, en désignant une ministre française comme cheffe d’orchestre supposée d’un « complot médiatique ». En arrière-plan, la rivalité régionale avec Rabat, et le dossier du Sahara occidental, redevenu un marqueur de l’affrontement diplomatique.
Une riposte qui cible une ministre plus qu’une rédaction
Le reportage algérien (Voir ci-dessous) s’en prend directement à la ministre française de la Culture, Rachida Dati, également candidate déclarée à la mairie de Paris. Le récit affirme qu’elle aurait « donné des directives » pour un contenu « hostile » diffusé sur France 2, et dépeint une collusion entre médias publics français, « lobbies d’extrême droite » et intérêts marocains.
À ce stade, ces accusations d’« orchestration » ne sont étayées par aucun élément vérifiable rendu public (documents, témoignages sourcés, preuves matérielles). Elles relèvent d’une mise en récit politique : concentrer la responsabilité sur une figure identifiée, plutôt que contester point par point le contenu journalistique de l’émission.
Ce que l’on peut vérifier : les dossiers judiciaires de Rachida Dati existent, mais ne prouvent rien sur France 2
La télévision algérienne appuie sa charge sur un fait réel : Rachida Dati est visée par plusieurs procédures et enquêtes en France.
- Affaire Renault–Nissan / Carlos Ghosn : elle doit être jugée du 16 au 28 septembre 2026 pour des infractions financières (corruption, trafic d’influence, etc., selon les qualifications retenues). Elle conteste les accusations.
- Déclaration de patrimoine : une enquête a été ouverte en 2025 après des signalements portant sur une possible non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), d’après plusieurs médias.
- Perquisitions (décembre 2025) : des perquisitions ont visé son domicile et des bureaux dans une enquête distincte, selon la presse et des médias suisses.
Ces éléments nourrissent le portrait politique d’une ministre fragilisée. En revanche, ils ne constituent pas, en eux-mêmes, une preuve d’une mainmise sur la ligne éditoriale de France 2.
Pourquoi l’épisode « Complément d’enquête » a mis le feu
Le numéro de Complément d’enquête diffusé le 22 janvier 2026 est présenté comme une enquête sur la « guerre secrète » entre Paris et Alger, sur fond de crise diplomatique persistante.
Côté algérien, la réaction a été immédiate : le ministère des Affaires étrangères a convoqué, le 24 janvier, le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, en dénonçant un « tissu de contre-vérités » et une « agression » contre l’État algérien, selon plusieurs comptes rendus de presse.
L’émission est aussi contestée pour ses choix de plateau et de montage. Des articles rapportent des critiques sur certaines interventions utilisées (ou retirées) et sur l’effet politique produit par la diffusion.
Ségolène Royal et Benjamin Stora : des critiques reprises à Alger
La télévision algérienne s’appuie aussi sur des voix françaises. Ségolène Royal, qui s’exprime depuis Alger dans des séquences largement reprises localement, a dénoncé un reportage qu’elle juge « offensant » et « politiquement orienté », selon des médias algériens et français.
Benjamin Stora est également cité dans ce débat, présenté par la télévision algérienne comme témoin d’une instrumentalisation. Les éléments disponibles publiquement relèvent surtout de critiques sur le traitement du sujet et l’impact dans un contexte diplomatique inflammable — pas d’une démonstration d’une « direction politique » par une ministre.








